Mobilité, l’aire du partage

13/12/2018
Organisation: 
CRESS Auvergne-Rhône-Alpes
Catégorie: 
Régional (AuRA)

Mobilités durables, alternatives, solidaires, des solutions nouvelles à développer ensemble

 

Le vendredi 16 novembre 2018 se déroulait, au sein du Corum Saint Jean, une journée d’échanges et de partage d’expériences sur les différentes formes que revêt la mobilité. Elle a fait suite à la sortie d’une note d’opportunité sur cette thématique que vous pouvez retrouver ici.


Cette journée a débuté par une introduction de Cédric FANDIO, doctorant, qui a posé les bases de ce sujet aussi vaste qu’intéressant. La problématique soulevée était : « Quels sont les principaux enjeux qui structurent l’avènement d’une aire du partage dans la mobilité au sein de la société française ? ». La présentation des trois enjeux fondamentaux qui répondent à cette problématique a rythmé sa présentation :

  • Enjeux de mobilité alternative à la voiture individuelle ;
  • Enjeux de mobilité écologique ;
  • Enjeux de mobilité solidaire.


En conclusion à cette présentation, il a été postulé que les pouvoirs publics mettaient en œuvre diverses politiques visant à en réduire les externalités (ZFE, vélos en libre-service, motorisations électriques et hybrides, articulation entre urbanisme et transport, etc.). L’avènement d’une « aire du partage » est dépendante de l’avènement d’un modèle d’organisation de la société capable de promouvoir une action collective et partenariale entre ses principaux acteurs, que sont l’Etat, les collectivités territoriales, les entreprises, les citoyens et les associations ou groupement d’associations. Cette transition est également créatrice d’opportunité économique : l’organisation des flux de marchandises, dans le commerce et le service aux personnes ou encore dans la filière du vélo. Toutefois, cette transition ne doit pas se faire au détriment des plus modestes, d’où la nécessité de mesures compensatoires pour les plus vulnérables.


Une table ronde a suivi cette introduction. Sébastien REILLES (agence d’urbanisme de Clermont Auvergne Métropole) a commencé par partir du postulat que la question des mobilités est avant tout une question d’aménagement du territoire. Il existe un problème structurel dans les questions de mobilité : comment se structure le territoire ? quelles sont les aspirations, contraintes ou voulues, des habitants pour l’aménager ?


Virginie DELAGE et Nathalie COLLARDOT (PNR des Volcans d’Auvergne et Covoiturage Auvergne) ont ensuite expliqué leur projet. Il s’agit de proposer une solution moins dépendante des technologies, sur des lignes fortement demandées par les covoitureurs : une ligne de covoiturage spontané dans un sens PNR/Métropole et inversement. Les travaux d’installation vont être réalisés dans l’hiver pour une ouverture de la ligne prévue début mars.


Pierre JEANMOUGIN (Keepmove) a ensuite pris le relais et a expliqué que la mobilité est une bulle de liberté, il y a ainsi un antagonisme entre liberté et évolutions sociétales. Chaque solution n’est pas LA solution mais bien une pièce du puzzle. Dans ce contexte, le besoin de confiance est absolu pour développer le covoiturage et pour cela, il existe des solutions avec la recherche de réciprocité. Ainsi, Keepmove est une application basée sur la constitution de communautés qui développent du covoiturage pour des personnes non autonomes (enfants, personnes âgées, personnes porteuses d’un handicap, etc.)


En lien avec cette question, Sandie PONCET (Mon copilote) a présenté cette association. Il s’agit de mettre en relation des personnes à mobilité réduite au sens large et des usagers des transports en commun (60% des trajets), à pied ou en voiture. Les trajets sont mis en ligne à la suite de l’inscription, puis une formation est proposée aux accompagnateurs (comment se comporter avec des personnes qui ont un handicap visuel, des personnes âgées, etc.).


Pascal GRAND (plateforme mobilité Puy-de-Dôme) a ensuite continué les échanges. La Plateforme réunit les forces et les compétences de 5 associations qui travaillent sur l’accompagnement mobilité, la location solidaire, la préparation au permis de conduire, etc. Un premier niveau de réponse est apporté par les conseiller.e.s mobilité pour accompagner les personnes dans leur stratégie individuelle et dans la mobilité. Ainsi, au travers de l’accompagnement à la mobilité, le but est d’aider les personnes à (re)trouver une certaine autonomie etc. pour accéder notamment à l’emploi et s’y maintenir. Leur offre consiste à Savoir bouger (ateliers pour permettre aux personnes de savoir prendre les transports en commun, lire un plan, etc. et pouvoir bouger (lorsqu’elles n’ont pas de véhicule ou sont en panne, les personnes ne savent pas à quelles aides elles peuvent prétendre.).


Pour terminer, Franck JANOWSKY (MACIF), a expliqué que cette mutuelle est un investisseur important notamment par le biais de sa Fondation qui a vocation à accompagner les structures innovantes (par exemple, le réseau Citiz a été accompagné via des financements mais également sur le volet assurance : comment assurer les usagers ? etc.). En outre, la MACIF joue également son rôle d’acteur de l’ESS, l’assurance corporelle est prise à part donc valable pour tout type de mobilité. Les nouvelles formes de mobilité sont encouragées, notamment l’acquisition de véhicules hybrides ou électriques via différents canaux.
A la suite de cette matinée riche en partage d’expériences et de projets, l’après-midi était consacré à des échanges autour de 3 pôles : vélo, voiture et solidaire.

 

Voici quelques idées qui sont ressorties de ces trois ateliers :

Pôle Solidaire :

 

Pôle Vélo :

 

 

Pôle Voiture : 

 



En conclusion, cette journée a été un premier pas pour instituer les collaborations entre acteurs de l’écosystème de la mobilité. Leurs collaborations permettront à la fois des synergies et le développement d’une capacité à élargir les solutions (meilleure couverture, nouvelles offres, etc.). La cohérence des solutions adaptées aux contraintes rurales et aux contraintes urbaines est indispensable. Questionner la mobilité permet également de lutter contre le manque de solutions de transports en zones blanches, l’isolement et la précarité énergétique.